Du côté de Homs , Mon fils le djihadiste

Pour éviter que nos gosses crèvent là-bas

 

En janvier 2014, Dominique Bons apprend la mort de son fils par SMS. Nicolas, 30 ans, est décédé « du côté de Homs » en Syrie dans un attentat-suicide. Depuis, cette « mère courage » de Toulouse mène un combat acharné contre l’embrigadement djihadiste en soutenant les familles concernées, et en rencontrant comme ici les élèves d’un institut musulman. Par-delà les clichés et les amalgames, elle dresse le portrait de son fils, un jeune converti à l’islam en quête d’idéal, et pose de bonnes questions dont beaucoup restent en suspens.

 

Enregistrements : mars-avril 16
Mise en ondes et mix : Charlie Marcelet
Réalisation : Marine Vlahovic, Karim Maanane

Interventions auprès de plus de 600 élèves en 2 jours à Bruxelles

Le 18 et 19 octobre 2016:

Invitation de Madame Saliha Benhali, présidente de « Save Belgium » à venir participer à son intervention sur la prévention de la radicalisation dans une école de Bruxelles auprès de plus de 600 élèves suivie d’une soirée débat avec les parents.

Était également présent Mr Mourad Benchelalli, ex-détenu de Guantanamo, pour témoigner de son parcours ressemblant étrangement à ce qui pourrait arriver aux jeunes partis en Syrie ou en Irak.

J’ai eu l’occasion de prendre la parole en tant que présidente de « Syrien ne bouge agissons » en France. Témoignage émouvant pour les élèves.

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Récit France Info : Leurs frères, leurs soeurs sont partis en Syrie

Ils s’appellent Solène*, Fouad et Amine. Ils vivent à des centaines de kilomètres les uns des autres. Ils ont pourtant beaucoup en commun : un jour de l’année 2014, leur frère ou leur sœur sont partis en Syrie, pour rejoindre les rangs du groupe Etat islamique (EI), ou d’organisations terroristes rivales. Chaque départ a fait basculer la vie de famille. Solène, Fouad et Amine se sont confiés à franceinfo. Ils vivent aujourd’hui dans la peur et sous le regard accusateur de la société. Comme des pestiférés. Ceux qui n’ont pas vécu cela ne peuvent pas comprendre…

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france info récit djihadisme

Témoignage de Dominique Bons, mère de Nicolas

MON FILS NICOLAS S EST CONVERTI A L ISLAM EN 2010

J’ai été stupéfaite lorsqu’il me l’a annoncé.

Il a été éduqué dans le respect d’autrui sans aucune forme d’idéologie religieuse.
C’est un être sensible, gentil, courtois, honnête, mais vulnérable, influençable. Il déteste l’injustice.
Lorsqu’il était enfant, il était toujours rieur. C’était la joie de vivre!
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Témoignage de Jonathan, frère de Sarah, 17 ans, en Syrie depuis le 11 mars 2014

« Apparemment elle s’est mise dans la religion et elle a connu les mauvaises personnes ».

 « Ma sœur Sarah est quelqu’un de réservé, de très timide. Elle ne va pas vers les gens. C’était une jeune fille comme tous les autres. Elle aimait bien rigoler. On rigolait sur tout et n’importe quoi. Elle ne savait pas trop de quoi serait fait son avenir. Elle gardait ses opinions pour elle.

Avant de se mettre dans la religion elle était scolarisée au lycée de Carcassonne. Il y a un peu plus d’un an elle s’est vraiment intéressée à la  religion. Nous ne sommes doutés de rien. Au contraire c’était plus une fierté pour notre famille. Lire la suite « Témoignage de Jonathan, frère de Sarah, 17 ans, en Syrie depuis le 11 mars 2014 »

Fouad : « nous n’avons rien vu venir. Son départ était préparé »

« Ma sœur est quelqu’un de timide et de réservé. Elle se destinait à des études de médecine. Dans notre quartier elle aidait les personnes âgées. Nous n’avons rien vu venir. Elle a disparu le 23 janvier 2014. Son départ était préparé. Ce soir là je devais sortir avec ma sœur. En rentrant à la maison elle n’était pas là. Nous nous sommes inquiétés. J’ai tourné partout dans la ville (Avignon).
J’ai appelé tous les hôpitaux. Dés le lendemain matin nous avons signalé sa disparition au commissariat. Je suis allé dans son lycée. Ma sœur était inscrite en classe de seconde ; pas de nouvelles non plus de ce côté là. J’ai appris que depuis quelques temps ma sœur portait le jilbel (voile) lorsqu’elle venait au lycée alors qu’elle sortait de maison sans le porter. Lire la suite « Fouad : « nous n’avons rien vu venir. Son départ était préparé » »

Brigitte : « En prison, la seule béquille qu’il a trouvé, c’est l’islam »

Brigitte vit dans le sud de la France. Son fils, Laurent, 34 ans, est jihadiste en Syrie depuis 2012. Elle témoigne.

Sa première incarcération remonte à ses seize ans : 1 mois pour une bagarre, j’ai refusé d’aller le voir. La deuxième fois c’était l’année suivante : 18 mois ferme (je suis allée le voir chaque semaine ).
A la fin de sa peine alors qu’il allait sortir, il a été mis en cause dans une affaire à laquelle il a toujours nié sa participation, il n’est donc pas sorti. Il s’est mis à maigrir, m’a dit que cette fois là il n’y était pas ! La procédure a duré des années. On l’a fait rentrer puis sortir de prison. Il a été finalement condamné à 5 ans qu’il a donc purgé en 3 fois. Il ne l’a jamais pardonné et en a beaucoup souffert. Lire la suite « Brigitte : « En prison, la seule béquille qu’il a trouvé, c’est l’islam » »

Valérie : je ne cherche plus à la convaincre de rentrer

Je suis passé par la colère, la rage, au point d’être méchante avec elle, de la supplier, prête à lui inventer n’importe quoi.

Elle est partie le 5 juin 2013 de la maison. Nous avons immédiatement fait une déclaration de disparition inquiétante au commissariat. Elle a été retrouvée par hasard au mois de juillet 2013 lors d’un contrôle d’identité. Lire la suite « Valérie : je ne cherche plus à la convaincre de rentrer »

Mettre des détenues radicaux ensemble, c’est dangereux (témoignage d’une maman)

Mon fils est parti en Syrie et, bien que je sois de confession musulmane, je n’ai rien vu venir.
Il ne pratiquait pas la religion. Avant de partir, il semblait bien vivre; il avait une petite amie.

A son retour, il était fatigué, malade, renfermé, il ne parlait pas beaucoup.
Il n’a rien raconté. J’étais tellement heureuse
de le revoir que je ne lui ai rien Lire la suite « Mettre des détenues radicaux ensemble, c’est dangereux (témoignage d’une maman) »

« J’aimerais qu’on arrête de dramatiser….

Je suis maman de 5 enfants, mes deux aînés un garçon de 20 ans et une fille de 18 ans sont portés disparus début juillet, date de mon emménagement en région parisienne. A notre arrivée ils prétextaient une visite de quelques jours à des copains de mon fils et chez ma sœur qui habitent dans la banlieue proche de paris. Au bout de 4 jours ne les voyant pas rentrés, j’appelle sur leurs tels portables, et à chaque fois je tombe sur la messagerie, et cela a duré 3 jours.
J’avais reçu un texto de l’ex petite amie de mon fils qui lui demandait de l’appeler, ce que je fais, et les confidences qu’elle va me faire, va fortement me bouleverser à tel point que j’ai perdu l’appétit et je n’arrive plus trouver le sommeil. Lire la suite « « J’aimerais qu’on arrête de dramatiser…. »

Le parcours d’un repenti

En 2001, Mourad Benchellali partait faire le djihad en Afghanistan. Aujourd’hui, il tente de dissuader des jeunes de s’engager en Syrie.

 

Correspondante à Lyon, Catherine Lagrange

À la une du Point.fr, Publié le 20/11/2014

 

À 19 ans, Mourad Benchellali s’est laissé embarquer en Afghanistan dans un camp d’entraînement d’al-Qaida. C’était en 2001, et très rapidement, le gamin de Vénissieux est tombé aux mains de l’armée américaine, vendu par l’armée pakistanaise. Trente mois à Guantánamo, avec son lot de tortures et d’humiliations, puis dix-huit mois à Fleury-Mérogis… Benchellali, condamné, avec quatre autres Français de Guantánamo, pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », est ressorti traumatisé de ces cinq ans de tunnel.

Aujourd’hui, Mourad Benchellali a changé de combat. À 33 ans, père de famille et toujours vénissian, il a entrepris une bataille contre le djihad, à la rencontre des jeunes, dans les écoles, les clubs de sport, les associations, pour les dissuader de partir rejoindre les islamistes en Syrie.

« Je comprends ce qui peut se passer dans leurs têtes »

« Je leur raconte simplement mon parcours et les conséquences que ça a eues sur ma vie », résume Benchellali, qui a mis en 2007 son histoire sur le papier dans Voyage vers l’enfer (1). « Je leur raconte ce que j’ai découvert, j’essaye de leur faire comprendre les dérives que cette décision peut engendrer. Ces jeunes idéalisent la situation et je leur explique que, là-bas, ils ont plus de probabilités d’être embrigadés par des criminels que de servir la bonne cause, d’avoir l’occasion d’aider leur prochain et qu’au bout du chemin ce sera sûrement la prison ou la mort. »

Il leur raconte aussi « l’enfer » de Guantánamo puis son séjour dans les prisons françaises quand il a pu rentrer.

Il espère ainsi, modestement, dissuader les vocations. « Je me revois dans ces jeunes, je comprends ce qui peut se passer dans leurs têtes et je pense que mon histoire peut avoir une portée : il est plus facile pour eux de s’identifier à moi qu’à un spécialiste qui s’exprime à la télévision. Je vois bien que ce que je leur raconte les fait réfléchir. »

 

« Pourquoi ces jeunes cherchent-ils un avenir ailleurs ? »

S’il a entrepris cette croisade anti-djihad, c’est parce qu’il s’inquiète de la situation actuelle, de ces départs de jeunes Français. « On ne connaît pas vraiment l’ampleur du phénomène, mais ils sont beaucoup plus nombreux qu’à mon époque. On devait être une cinquantaine à partir. Aujourd’hui, je pense que c’est à une autre échelle. » Un mouvement qu’il explique par l’utilisation d’Internet, mais aussi par « une situation sociale qui n’a pas trouvé de solutions dans les quartiers et qui s’aggrave ». « Quand on n’a pas de travail, quand on n’a pas de place dans la société, on est plus vulnérable. Il faut collectivement se poser la question : Pourquoi ces jeunes cherchent-ils un avenir ailleurs et pas ici ? »

S’il est régulièrement invité à témoigner de son parcours auprès des jeunes en Belgique, en Suisse, Benchellali regrette de l’être beaucoup moins en France. « Le regard à l’étranger est différent, en France, on me voit peut-être encore comme le djihadiste, comme le détenu de Guantánamo. » Le 27 novembre, il sera pourtant entendu par une commission parlementaire au Sénat et espère convaincre de la portée de sa démarche auprès des jeunes Français et de l’urgence d’intervenir. Lire la suite « Le parcours d’un repenti »

Commentaires réalistes

Madame, vous avez toute ma compassion.

Je ne connaissais pas vos enfants. Je suppose qu’ils étaient des idéalistes qui voulaient changer le monde pour que chacun y trouve une place.
La société dans laquelle nous prétendons faire vivre nos jeunes ne peut qu’être rejetée par des cœurs purs.
Beaucoup d’entre eux, même très diplômés, ne Lire la suite « Commentaires réalistes »