La lettre de la mère d’un jihadiste toulousain à Emmanuel Macron

Plus de 25 familles se sont portées solidaires pour adresser le courrier à Monsieur le Président Emmanuel Macron. L’interview sur le journal « la Dépêche » explique notre démarche.La mobilisation continue afin de faire avancer notre cause si chère aux familles concernées.

 

Cliquez pour voir la lettre envoyée à Mr le Président Emmanuel Macron

 

 

Récit France Info : Leurs frères, leurs soeurs sont partis en Syrie

Ils s’appellent Solène*, Fouad et Amine. Ils vivent à des centaines de kilomètres les uns des autres. Ils ont pourtant beaucoup en commun : un jour de l’année 2014, leur frère ou leur sœur sont partis en Syrie, pour rejoindre les rangs du groupe Etat islamique (EI), ou d’organisations terroristes rivales. Chaque départ a fait basculer la vie de famille. Solène, Fouad et Amine se sont confiés à franceinfo. Ils vivent aujourd’hui dans la peur et sous le regard accusateur de la société. Comme des pestiférés. Ceux qui n’ont pas vécu cela ne peuvent pas comprendre…

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france info récit djihadisme

Le parcours d’un repenti

En 2001, Mourad Benchellali partait faire le djihad en Afghanistan. Aujourd’hui, il tente de dissuader des jeunes de s’engager en Syrie.

 

Correspondante à Lyon, Catherine Lagrange

À la une du Point.fr, Publié le 20/11/2014

 

À 19 ans, Mourad Benchellali s’est laissé embarquer en Afghanistan dans un camp d’entraînement d’al-Qaida. C’était en 2001, et très rapidement, le gamin de Vénissieux est tombé aux mains de l’armée américaine, vendu par l’armée pakistanaise. Trente mois à Guantánamo, avec son lot de tortures et d’humiliations, puis dix-huit mois à Fleury-Mérogis… Benchellali, condamné, avec quatre autres Français de Guantánamo, pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », est ressorti traumatisé de ces cinq ans de tunnel.

Aujourd’hui, Mourad Benchellali a changé de combat. À 33 ans, père de famille et toujours vénissian, il a entrepris une bataille contre le djihad, à la rencontre des jeunes, dans les écoles, les clubs de sport, les associations, pour les dissuader de partir rejoindre les islamistes en Syrie.

« Je comprends ce qui peut se passer dans leurs têtes »

« Je leur raconte simplement mon parcours et les conséquences que ça a eues sur ma vie », résume Benchellali, qui a mis en 2007 son histoire sur le papier dans Voyage vers l’enfer (1). « Je leur raconte ce que j’ai découvert, j’essaye de leur faire comprendre les dérives que cette décision peut engendrer. Ces jeunes idéalisent la situation et je leur explique que, là-bas, ils ont plus de probabilités d’être embrigadés par des criminels que de servir la bonne cause, d’avoir l’occasion d’aider leur prochain et qu’au bout du chemin ce sera sûrement la prison ou la mort. »

Il leur raconte aussi « l’enfer » de Guantánamo puis son séjour dans les prisons françaises quand il a pu rentrer.

Il espère ainsi, modestement, dissuader les vocations. « Je me revois dans ces jeunes, je comprends ce qui peut se passer dans leurs têtes et je pense que mon histoire peut avoir une portée : il est plus facile pour eux de s’identifier à moi qu’à un spécialiste qui s’exprime à la télévision. Je vois bien que ce que je leur raconte les fait réfléchir. »

 

« Pourquoi ces jeunes cherchent-ils un avenir ailleurs ? »

S’il a entrepris cette croisade anti-djihad, c’est parce qu’il s’inquiète de la situation actuelle, de ces départs de jeunes Français. « On ne connaît pas vraiment l’ampleur du phénomène, mais ils sont beaucoup plus nombreux qu’à mon époque. On devait être une cinquantaine à partir. Aujourd’hui, je pense que c’est à une autre échelle. » Un mouvement qu’il explique par l’utilisation d’Internet, mais aussi par « une situation sociale qui n’a pas trouvé de solutions dans les quartiers et qui s’aggrave ». « Quand on n’a pas de travail, quand on n’a pas de place dans la société, on est plus vulnérable. Il faut collectivement se poser la question : Pourquoi ces jeunes cherchent-ils un avenir ailleurs et pas ici ? »

S’il est régulièrement invité à témoigner de son parcours auprès des jeunes en Belgique, en Suisse, Benchellali regrette de l’être beaucoup moins en France. « Le regard à l’étranger est différent, en France, on me voit peut-être encore comme le djihadiste, comme le détenu de Guantánamo. » Le 27 novembre, il sera pourtant entendu par une commission parlementaire au Sénat et espère convaincre de la portée de sa démarche auprès des jeunes Français et de l’urgence d’intervenir. Lire la suite « Le parcours d’un repenti »