Le retour des djihadistes : Aux racines de l’Etat Islamique

Le retour des djihadistes

Cockburn Patrick (2014),  Editions des Equateurs, Paris.

Le retour des djihadistes: Aux racines de l’Etat Islamique

Le 29 juin 2014, le groupe Etat islamique (EEIL) s’empare d’une partie de l’Irak et de la Syrie et y proclame un califat. C’est un véritable choc pour l’Occident. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi personne n’a rien vu venir ?
Le 10 juin 2014, l’État islamique de l’Irak et du Levant (l’EILL), dirigé par le sunnite Abu Bakr al Baghdaoui, prend la capitale nord de l’Irak, Mossoul. 1300 insurgés défont 350000 soldats de l’armée irakienne. C’est l’une des plus grandes débâcles militaires de tous les temps. Une date cruciale qui marque la fin d’un processus de libération commencé avec la mort de Saddam Hussein en 2003.
Cet événement est un véritable choc pour l’Occident qui n’a rien vu venir :
la plupart des observateurs avaient dû quitter la région et la  » guerre contre la terreur  » s’était focalisée essentiellement sur Al Qaeda, trop longtemps considérée comme une organisation unique et structurée et non comme la  » base  » d’où ont émergé une pluralité de groupes armés. Résultat : l’Etat islamique de l’Irak et du Levant contrôle maintenant le nord et l’ouest de l’Irak et le nord et l’est de la Syrie. Soit un état de la taille de l’Angleterre ou du Michigan.
Patrick Cockburn, grand reporter spécialiste du Moyen-Orient retrace la montée en puissance de ce Djihad similaire à l’avènement du fascisme dans les années 1930. Il montre que ce mouvement, à ses origines peu important et affaibli par l’intervention américaine en 2001, s’est nourri de la politique de l’Occident. Au lendemain du 11 septembre notamment, les alliances avec l’Arabie Saoudite et le Pakistan n’ont jamais été remises en causes alors que ces deux pays sont aujourd’hui les principaux bailleurs de fonds du Djihad. Parallèlement, la vente d’armes aux rebelles syriens aujourd’hui dominés par des combattants sunnites –; qui ont peu à peu relégué au second plan les autres mouvements de résistance à Bachar el Assad –; ont contribué à renforcer le mouvement.
Loin de tout manichéisme, fort de son expérience sur le terrain, Cockburn nous livre une analyse extrêmement fine de la situation au Moyen Orient. Démontrant une à une les idées reçues véhiculées notamment par la presse internationale, il expose de manière claire la superposition de différents niveaux de conflits dans cette région. C’est désormais le principal Enjeu stratégique pour les grandes puissances et une terre de rivalités historiques entre différents courants religieux, notamment chiites et sunnites.
Il explique aussi comment ces conflits, parallèlement à la montée du wahhabisme dans la communauté sunnite affectent les 1, 6 milliards de musulmans dans le monde, un quart de la population du globe. Un bouleversement qui redistribue toutes les cartes entre Orient et Occident.

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